Auto entrepreneur et freelance

Auto entrepreneur et freelance

Vous y réfléchissez depuis un moment déjà.

Votre travail ne vous plait plus et vous souhaitez vous lancer en indépendant ? Ou peut-être voulez-vous gagner un peu plus d’argent en effectuant une activité annexe ?

L’auto entreprise est une solution envisagée par de plus en plus de français. C’était d’ailleurs un sujet important pour une majorité de candidats à la présidentielle (dont notre nouveau Président).

Le monde évolue et l’informatique (par le biais du web) a permis aux freelances de découvrir un nouveau terrain de jeu.

Je vous propose un article qui compile tout ce qu’il faut savoir sur le statut d’auto entrepreneur, en faisant un parallèle avec le métier de rédacteur web.

 

Connaitre le statut d’auto entrepreneur

Créé en 2008, le régime de l’autoentreprise a connu de nombreux changements. À l’origine, l’objectif était de faciliter les démarches liées à la création de sociétés. Ainsi, ce statut fut une véritable aubaine pour les personnes désirant monter leur projet, sans les difficultés administratives associées.

Vous vous inscrivez sur le site dédié (lautoentrepreneur.fr) et chaque mois ou trimestre, vous y renseignez votre chiffre d’affaires. Les cotisations sociales sont calculées automatiquement, en fonction du type de votre activité. Facile et rapide !

Par contre, ce statut possède de gros inconvénients. Parmi ceux-ci, nous trouvons :

  • Un chiffre d’affaires plafonné (33 100 € pour les prestations de services et 82 800 € pour les ventes de marchandises en 2017).
  • Le fait de ne pas pouvoir déduire vos charges et de ne pas récupérer la TVA.
  • La protection sociale (chômage, retraite, maladie, etc.) qui est assez minime.

Ceci dit, avec les élections qui viennent de se terminer, cette forme d’entreprise individuelle va subir quelques changements. En effet, lors de sa campagne, Emmanuel Macron parlait de relever le plafond et de faire disparaitre le RSI (Régime Social des Entrepreneurs) pour répondre aux demandes des travailleurs indépendants.

Gageons que 2017/2018 seront des années intéressantes.

 

Quelle fiscalité pour un auto entrepreneur ?

Nous avons commencé à l’évoquer dans le précédent paragraphe : l’autoentrepreneur/autoentrepreneuse est soumis (e) au régime de la microentreprise.

Ainsi, en plus du plafond de chiffre d’affaires et de la franchise de taxe sur la valeur ajoutée, en optant pour le régime microsocial simplifié, vous être soumis à un prélèvement social et fiscal libératoire forfaitaire, venant remplacer l’impôt sur le revenu.

À ce moment, je me rends compte que je vous ai perdu.

Allez, plutôt qu’un long discours, je vous propose un tableau récapitulatif qui vous explique précisément ce que vous devrez payer en fonction de votre activité.

Cotisations sociales 2017

Source : http://www.auto-entrepreneur.fr/regime-fiscal/index.html

Vous comprenez donc que, par exemple, si vous réalisez des prestations de services, chaque mois (ou trimestre), c’est 24,40 % de votre chiffre d’affaires que l’État vous prélève.

À savoir : grâce à l’ACCRE (Aide au Chômeur Créant ou Reprenant une Entreprise), vous bénéficiez d’une aide financière pour les premières années de votre activité, prenant la forme d’une réduction de vos cotisations sociales.

Voici un tableau qui va vous aider à y voir plus clair :

ACCRE 2017

Source : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F32318

L’ACCRE est un dispositif intéressant pour une personne qui débute son activité. Si vous êtes au chômage, demandez conseil auprès de votre agence Pole-Emploi. Ce serait dommage de ne pas en profiter.

À noter au passage : en comparant les deux tableaux, nous observons une légère hausse du taux de cotisations sociales entre 2017 et 2018.

Pour finir sur les charges à payer, vous devez rajouter une taxe appelée Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Elle dépend aussi de votre chiffre d’affaires et peut varier entre 200 € et 2000 € en fonction de votre commune.

 

L’activité de l’auto entrepreneur au quotidien : tarifs et déclarations

Bon, maintenant que vous connaissez les bases du statut d’auto entrepreneur et que vous êtes prêt(e) à vous lancer, réfléchissez plus précisément à votre activité.

Que vous soyez étudiant(e), au chômage ou salarié(e), vos besoins ne seront pas les mêmes. Toutefois, vous devez définir précisément vos tarifs.

Pour cela, je vous conseille avant tout de consulter les baromètres de votre métier et de discuter avec des professionnels déjà en place. Vous aurez, ainsi, un premier ordre d’idée.

À savoir : le site Hopwork vous propose un baromètre des freelances auquel vous pouvez jeter un coup d’œil. Évidemment, en fonction de votre expérience, vos tarifs seront plus ou moins élevés. Toutefois, je vous déconseille fortement de brader vos prix. Cela se retournera forcément contre vous dans le futur.

Votre tarification doit prendre en compte le temps passé sur la mission, vos charges ainsi que les finances nécessaires pour vivre confortablement. Si, comme 88 % des français (d’après un sondage Hopwork et Ouishare), vous avez envie d’indépendance, mais que vous vous retrouvez à travailler nuit et jour pour payer votre loyer, vous n’allez pas vous en sortir.

Parce que vous n’avez rien à perdre avec ce statut, l’autoentrepreneuriat est donc un excellent tremplin pour tester votre activité.

Une fois que vous dégagerez du chiffre d’affaires, n’oubliez pas, tous les mois ou trimestres, de vous rendre sur le portail de l’auto entrepreneur afin de régler vos dettes à l’URSSAF. Ça se fait en quelques clics.

 

Conseils pour le freelance qui débute

Se lancer à son compte est un saut dans l’inconnu qui peut être effrayant.

Comment trouver mes premiers clients ? Vais-je réussir à bien travailler à la maison ? Est-ce que je vais pouvoir associer vie professionnelle et vie privée ?

Voici quelques questions que vous vous posez sûrement.

Ce qui est très important pour un entrepreneur, c’est de prendre du recul sur son activité. On peut, en effet, facilement se faire dépasser par son travail.

Déjà, la première chose à faire est de cloisonner votre vie personnelle et professionnelle. Aujourd’hui, il existe, par exemple, des smartphones avec une fonction double-sim qui vous aide à faire un break, le moment voulu.

De même, je ne saurais que trop vous conseiller d’utiliser un agenda (Google Agenda, par exemple) pour bien définir vos journées. Cela vous aidera à gagner en productivité et à ne pas vous laisser envahir par une charge de travail trop importante.

Concernant la recherche de vos clients, certains se rendent sur des plateformes dédiées (plateforme de contenu pour les rédacteurs et rédactrices, par exemple) ou utilisent des réseaux types Hopwork. D’autres apprécient les espaces de coworking pour lutter contre la solitude du freelance. Ne sous-estimez pas, non plus, la puissance des réseaux sociaux professionnels et du networking : ce sont de formidables leviers de business.

Et surtout : évitez à tout prix de ne travailler que pour un ou deux clients. Être exclusif/ve veut dire être dépendant(e). Si vous le/les perdez, vous pouvez mettre la clé sous la porte. Sans oublier le danger du salariat déguisé.

Et pourquoi ne pas mettre en place un blog ou créer des rendez-vous vidéo sur YouTube ? C’est chronophage et les résultats mettent longtemps à venir, mais c’est un excellent moyen de vous faire connaitre.

Selon moi, un bon freelance est quelqu’un d’organisé, qui sait se vendre, qui est curieux, qui est capable de se remettre en question et qui ne cherche pas à devenir milliardaire (n’en déplaise au Président Macron).

 

L’auto entrepreneur en 2017

Voici les quelques changements pour les autoentrepreneurs, apparus depuis le 1er janvier 2017 :

  • Augmentation du plafond de chiffre d’affaires et du seuil de tolérance (33 100 €/35 100 € pour les prestations de services et 82 800 €/90 900 € pour l’achat/vente de marchandises) ;
  • Une pénalité de 50 € pour non-déclaration de chiffre d’affaires (légère hausse depuis 2016, liée au plafond de la sécurité sociale qui a été, lui aussi, augmenté).
  • Il est maintenant possible de faire le stage de préparation à l’installation (SPI) dans les 30 jours après l’immatriculation (seulement pour les artisans).
  • Revalorisation du SMIC, donc de la validation des trimestres de retraite de l’autoentrepreneur (environ 5000 € par trimestre pour la vente, 3000 € pour les prestations de service BIC et 2200 € pour les activités libérales).
  • Mise en place d’un délai de 12 mois pour ouvrir un compte bancaire dédié à l’activité.
  • Si vous êtes installé dans les départements outre-mer, vous bénéficiez d’une exonération de vos cotisations sociales personnelles (soumises à une condition de revenu).
  • Légère augmentation du taux de cotisation sociale.
  • Unification de la contribution à la formation professionnelle (CFP) pour tous les artisans.

Ceci dit, le plus intéressant est à venir. En effet, les élections et le nouveau gouvernement qui en découle risquent de bouleverser la donne. De même, les événements liés aux plateformes types Uber ou Deliveroo mettent l’entrepreneuriat (et l’autoentreprise) sur le devant de la scène politique et économique.

Oui, dans ce contexte de chômage et de marché du travail malade, l’autoentreprise se révèle être une alternative intéressante pour une certaine partie de la population française.

On verra donc ce que nous réservent 2017 et 2018.

 

Focus sur le métier de rédacteur web

Pour finir, j’aimerais évoquer mon expérience personnelle vis-à-vis de mon activité de rédacteur web. Je ne le fais pas pour raconter ma vie (bien que j’aime ça), mais plutôt pour vous donner un aperçu de ma propre expérience, en espérant aider les rédacteurs et rédactrices web qui se lancent.

À mes débuts, je suis rentré en agence web. Après quelques années (et un licenciement économique), je me retrouve Rédacteur web freelance. La raison à cela : une excellente opportunité qui s’est offerte à moi.

Celle-ci m’a permis de débuter sereinement mon activité et de pouvoir prendre le temps de chercher de nouveaux clients. Ce qui est arrivé finalement plus vite que prévu. Ainsi, dès la première année, j’étais presque au plafond imposé par le statut d’autoentrepreneur.

Bénéficiant de l’ACCRE, j’ai préféré freiner un peu ma prospection pour rester autoentrepreneur (fiscalement plus intéressant).

Ainsi, vu que tout roulait, j’ai fait l’erreur de me reposer sur mes lauriers. Autant vous dire que quand j’ai perdu mes premiers clients, je suis tombé bien bas. J’avoue ne pas avoir anticipé cette situation.

Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai pas eu besoin de passer par les plateformes de rédaction (type Textmaster). La seule que j’ai testée c’est redacteur.com. Et ça s’est très mal passé. On ne m’y reprendra plus et je ne peux pas conseiller ce type de site pour les rédacteurs et rédactrices cherchant des missions.

Si je dois donner quelques conseils à des rédacteurs qui débutent, ce sont les suivants :

  • Faites d’abord vos preuves en agence ou chez l’annonceur ;
  • Ne dévaluez pas votre travail pour espérer trouver des clients ;
  • Faites une veille permanente sur les sujets de la rédaction web et du SEO ;
  • Soyez curieux et curieuse ;
  • Prenez du recul vis-à-vis de votre statut et de la nature même de votre métier, qui est différent du rédacteur print (en termes de droit d’auteur, entre autres).
  • Pour plus de sécurité, lancez-vous en étant déjà salarié (e) ou en profitant du chômage.

Le contenu est un sujet qui prend de plus en plus d’importance sur le web. Le rédacteur web a donc encore de beaux jours devant lui.

Ceci dit, il ne doit pas seulement bien écrire. Il doit aussi être à même d’accompagner ses clients dans leur stratégie éditoriale en les aidant à chercher les bons mots-clés, en mettant en place une charte éditoriale, en restant informé des dernières évolutions du secteur (le cocon sémantique fait fureur en ce moment) et en étant caméléon dans ses rédactions.

 

Je sais que mon article est orienté rédaction web. C’est voulu. Toutefois, quelle que soit votre profession, les astuces que je vous propose s’adaptent aussi à votre activité.

En effet, l’autoentrepreneuriat est un excellent statut pour tester votre business et vous lancer. Grâce à l’ACCRE et aux prélèvements liés à votre chiffre d’affaires, vous n’avez pas grand-chose à perdre.

Toutefois, au bout de quelques années, il faudra penser à opter pour un autre régime. La plupart des entrepreneurs choisissent une entreprise individuelle telles qu’une EIRL ou une SASU. D’autres apprécient aussi le portage salarial. Cela dépend avant tout de votre projet.