Charges de l'auto entrepreneur

Les charges de l’auto-entrepreneur expliquées et illustrées.

Nous sommes déjà fin octobre et je suis en train de me pencher sur mon chiffre d’affaires annuel, au bout de cette première année d’activité. Je me suis donc intéressé aux charges de l’auto-entrepreneur. Après avoir lu attentivement plusieurs documents ennuyants passionnants, je me suis dit « et si je vous faisais partager mes découvertes ? ».

Vous pouvez trouver toutes les informations que je vais vous donner dans cet article sur le site des auto-entrepreneurs (dont voici le lien : http://www.lautoentrepreneur.fr/avantages.htm). Dans cet article, je vous propose de simplifier tout ça en vous donnant les chiffres réels pour une activité libérale relevant de la CIPAV (c’est ce qui nous intéresse ici).

Alors, de combien sommes-nous redevables à l’URSSAF réellement ?

 

Les charges sociales de l’auto-entrepreneur.

Commençons donc par les charges les plus importantes du régime micro social : les charges sociales. J’imagine que vous connaissez déjà le taux des charges sociales liées à votre auto entreprise ? Et je pense que vous savez aussi que vous devez payer vos charges mensuellement ou tous les trimestres ?

Pour informations, ces charges sociales comprennent les cotisations pour la protection sociale du chef d’entreprise dont :

  • Les allocations familiales (comme pour les salariés) ;
  • Le régime invalidité/décès ;
  • La CSG/CRDS (redevables par tous donc on ne peut y couper) ;
  • La retraite de base et la retraite complémentaire obligatoire (validation des trimestres en fonction du chiffre d’affaires réalisé) ;
  • L’assurance maladie — maternité (consultations, hospitalisation, médicaments, etc.).

Pour un auto-entrepreneur exerçant une activité libérale relevant de la CIPAV (BNC pour Bénéfices Non Commerciaux), vous voyez partir 22,9 % de votre chiffre d’affaires de façon mensuelle ou trimestrielle (15,3 % si vous résidez dans un département d’outre-mer). C’est dur, mais c’est comme ça.

Pour en savoir plus, voici un tableau des différents taux de cotisation sociale en fonction de l’activité de votre micro entreprise :

Charges auto entrepreneur par activité
Source : https://www.rsi.fr/cotisations/micro-entrepreneur/calcul-des-cotisations/charges-sociales.html

À cela, vous ajoutez la contribution à la formation professionnelle (CFP) qui est de 0,20 % pour nous. À noter, les autres catégories d’auto-entrepreneurs doivent aussi payer une taxe pour frais de Chambre de commerce et d’industrie ou une taxe pour frais de Chambre de métiers et de l’artisanat. Ce qui n’est pas le cas d’une profession libérale. Bien que le taux soit très faible (entre 0,044 % et 0,22 %), c’est toujours ça de gagné.

Pour vous aider, voici un autre tableau récapitulatif qui regroupe les cotisations sociales et la CFP :

Cotisations sociales et CFP d'un auto entrepreneur
Source : http://www.auto-entrepreneur.fr/regime-social/charges-sociales.html

Ainsi, à ce stade, pour 1000 € de chiffre d’affaires, vous aurez 769 € dans votre poche (soit 23,10% de charges sociales en considérant les cotisations sociales et la CFP).

 

Les charges fiscales de l’auto-entrepreneur.

Après les charges sociales, ce n’est malheureusement pas terminé. Eh oui, vous avez encore d’autres frais liés à votre régime d’auto entrepreneur à prendre en compte. Ils sont comptabilisés sous la forme de charges fiscales.

À noter : vu qu’un travailleur indépendant sous le régime micro social simplifié ne facture pas de TVA, il ne peut donc pas la récupérer non plus. Cela nous simplifie la tâche.

Ainsi, les charges fiscales qui nous concernent prennent la forme d’impôts sur le revenu. À ce titre, à la création de votre activité de prestations de services, vous avez le choix entre le versement libératoire des impôts sur le revenu ou non.

Si vous avez choisissez le versement libératoire, vous devrez vous acquitter de 2,2 % de votre chiffre d’affaires. Si ce n’est pas le cas, les services fiscaux appliqueront un abattement forfaitaire de 34 % à votre chiffre d’affaires avant d’intégrer ce bénéfice aux autres revenus de votre foyer fiscal (j’avoue, j’ai rien compris donc j’ai choisi le versement libératoire).

Allez, encore une fois, voici un nouveau tableau pour vous donner tous les taux en fonction de votre activité :

Versement libératoire de l'impôt sur le revenu d'un auto entrepreneur
Source : https://www.rsi.fr/cotisations/micro-entrepreneur/calcul-des-cotisations/charges-fiscales.html

Donc, en considérant encore un chiffre d’affaires de 1000 €, vous devrez payer 22 € en plus des charges sociales et CFP (en cas de versement libératoire).

 

La CFE : une dépense supplémentaire pour votre auto-entreprise à prendre en compte.

Vous pensiez que c’était fini ? Eh bien non ! Quand y’en a plus, y’en a encore ! Eh oui, il ne faut pas oublier dans votre calcul la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE). Cette taxe s’adresse à toutes les activités professionnelles non-salariées et est déterminée par votre commune. Ainsi, la CFE change en fonction du lieu où vous exercez votre activité.

Un tableau vaut mieux qu’un long discours :

Barème CFE
Source : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23547

Pour plus de précision sur le montant de la Cotisation Foncière des Entreprises à payer et les formalités associées, rapprochez-vous du service des impôts.

Intéressant à savoir : toute nouvelle entreprise peut obtenir une exonération de CFE durant sa première année d’activité. De plus, le déclenchement de l’imposition de CFE ne se fait qu’à partir du moment où vous réalisez vos premières recettes mensuelles. Ainsi, si vous créez votre entreprise, mais que vous ne réalisez aucun chiffre d’affaires la première année d’activité (ce que je ne vous souhaite pas), vous serez toujours exonéré de CFE l’année suivante.

 

Les autres charges de l’auto-entrepreneur à ne pas oublier.

Ouf, nous en avons fini avec les charges obligatoires liées à votre activité d’auto-entrepreneur. Il ne vous reste plus qu’à soustraire tous vos autres frais.

Par exemple, vous pouvez avoir acheté un ordinateur, commandé des cartes de visite ou encore vous être procuré des fournitures de bureau.

Généralement, en auto-entrepreneur, notre chiffre d’affaires plafonné nous incite à dépenser un minimum. De plus, dans notre activité, les charges ne sont pas nombreuses. Cela devrait être donc facile de voir ce que vous avez payé.

 

Quid de l’ACCRE pour un auto-entrepreneur ?

Si vous êtes au chômage au moment de votre création d’entreprise, votre conseiller Pôle-Emploi vous a surement parlé de l’ACCRE. En effet, ce dispositif (de son vrai nom Aide aux Chômeurs ou Repreneurs d’Entreprise) vous offre un gros avantage pendant vos premières années d’activités : celui de vous exonérer partiellement de vos charges sociales.

En effet, en demandant l’ACCRE (et en l’obtenant évidemment), vos charges sociales ne seront pas au taux normal. Elles auront un taux progressif qui vous permettra de réaliser des économies durant les 3 premières années d’activités. Au bout de la 4e année, vous revenez au taux normal.

Vous voulez une preuve que l’ACCRE, c’est bien ? Voici un tableau qui récapitule les différents taux, année par année (promis, c’est le dernier) :

ACCRE
Source : https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F32318

Eh oui ! La première année, vos charges sociales passent de 22,9 % à 5,8 % ! Ce qui n’est pas rien. Par contre, les autres charges restent les mêmes.

 

Petit calcul pour résumer :

Si vous avez la flemme de tout lire, je vous propose un exemple récapitulatif. Imaginons que vous avez déclaré un chiffre d’affaires de 30 000 € votre première année (sans le dispositif ACCRE), avec un CFE de 1000 € et 1500 € de charges liées à votre activité qu’il faudra penser à soustraire :

  • Déduisons les charges sociales (22,9 %): 5589,91 €
  • Retirons la CFP (0,20 %): 6 €
  • Imaginons que vous avez choisi le versement libératoire de l’impôt sur le revenu (2,2 %): 645,79 €
  • Nous avons dit 1000 € de CFE.
  • Et considérons 1500 € de charges annexes.
  • Soit un total de 21 258,30 € annuel dans votre poche (donc 1771,52 € par mois en moyenne après déductions de toutes vos charges).

Dans ce calcul, seuls le CFE et les charges annexes peuvent varier en fonction de votre situation.

Évidemment, avec l’ACCRE, vous pouvez faire encore plus de bénéfices. Par exemple, en reprenant la même situation, mais en ne changeant que les charges sociales :

  • Charges sociales (5,8 %): 1644,61 €
  • CFP (0,20 %): 6 €
  • Versement libératoire de l’impôt sur le revenu (2,2 %): 645,79 €
  • CFE : 1000 €
  • Frais courants : 1500 €.
  • Soit un total de 25 203,60 € annuel (donc 2100,30 € par mois en moyenne après déductions de toutes vos charges).

Moralité : si vous pouvez obtenir l’ACCRE, foncez !

 

J’espère que cet article vous est utile pour y voir plus clair avec les charges liées à votre activité d’auto entrepreneur. Vous comprenez que le gros avantage du statut d’auto-entrepreneur, c’est sa simplicité en termes de comptabilité et le fait que nos charges correspondent à un pourcentage de notre chiffre d’affaires (ce qui est bien pour les personnes qui commencent et qui ont un chiffre d’affaires faible ou nul). Par contre, le fait de ne pas récupérer la TVA ou d’avoir un CA plafonné nous limite grandement.

Ainsi, en refaisant le même calcul avec un chiffre d’affaires de 32 900 € (le plafond de l’autoentrepreneur), nous arrivons à un maximum de 23 554,93 €, soit 1 962,91 € par mois environ. À vous de voir si cela vous convient, par rapport au temps passé à travailler sur vos projets clients.

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