Temps de travail d'un entrepreneur

Temps de travail d’un entrepreneur : est-on obligé de sacrifier notre vie privée ?

La semaine dernière, j’ai pris un peu de mon temps pour me rendre à l’édition 2016 du Salon de l’Entrepreneur. J’y ai assisté à quelques conférences. L’une d’elles m’a particulièrement interpellé. En effet, l’orateur (un consultant en entrepreneuriat) nous disait que pour devenir entrepreneur, il fallait sacrifier sa vie privée.

Avec cette hypothèse en tête, j’ai envie de revenir sur le temps de travail d’un entrepreneur. Je vous préviens : je vais vous raconter ma vie.

 

Le temps de travail d’un entrepreneur : effectif et non-effectif.

Je vais volontairement passer sur la célèbre phrase : quand on aime, on ne compte pas ses heures. Cela vaut pour le début de l’activité. Mais, à un certain moment, il y’a certaines tâches répétitives qu’on a de plus en plus de mal à réaliser. Et là, croyez-moi que vous comptez vos heures. Par contre, il y’a d’autres tâches bien plus intéressantes que nous faisons avec plaisir. Et c’est sur ces tâches que vous devez vous concentrer.

Je vais vous parler de mon exemple. En comptant mon temps de travail effectif (l’écriture de texte), je pense que cela me prend, au maximum, 6 h par jour (je suis large). C’est le temps qu’il me faut par jour pour vivre décemment. Au delà, c’est du bonus.

L’autre partie de ma journée sera consacrée à des activités non rémunératrices, mais nécessaires. J’y inclue la prospection et les tâches administratives.

Concernant la prospection, je n’utilise pas de méthodes conventionnels (téléphone ou email). Je passe du temps à faire du networking afin de rencontrer de nouvelles personnes. Et j’aime ça. Donc, même si cela m’arrive de rentrer à 22 h un soir, je ne prends pas vraiment ça pour du travail. Pour moi, c’est juste un moment passé à prendre un verre avec un inconnu. Qu’il devienne ensuite mon client ou un partenaire, cela m’importe peu. C’est un moment qui me permet de sortir de mon quotidien. En fait, je ne compte pas vraiment le temps passé à rencontrer des personnes. Ce n’est pas du travail pour moi.

Concernant l’administratif, vu que c’est une tâche que je déteste (comme beaucoup de monde, j’imagine), je m’arrange pour le faire devant la télé pour gagner du temps. Ainsi, vu que ces tâches ne demandent pas une grande concentration, je peux regarder un film ou une émission qui me plait et optimiser mon temps.

 

Le temps de travail d’un entrepreneur : une question d’organisation.

D’ailleurs, afin de travailler le moins possible, je me suis créé un emploi du temps assez strict. Cela pour me permettre de me laisser mes soirées et mes week-ends (chose que je me suis promise en lançant mon activité). J’aime sortir le soir, jouer aux jeux vidéo, me poser devant une série et je m’oblige à garder un peu de temps pour faire du sport. Sans un minimum d’organisation, c’est mission impossible.

La première chose qui m’est venue en tête : calculer mon taux horaire afin d’être toujours rentable. Cela me permet de savoir combien je gagne et combien d’heures je peux travailler par jour (avec le statut d’auto entrepreneur, je suis pour le moment plafonné). Ainsi, je commence à 8 h, je m’arrête à 13 h, je recommence à 14 h et je termine à 18 h/19 h en fonction de mon activité. Et cela, tous les jours. Le matin est tout le temps consacré aux parties les moins passionnantes de mon activité ; l’après-midi, à des choses moins fatigantes intellectuellement ou plus stimulantes. Dans ces plages horaires, je m’octroie régulièrement des pauses de 10/15min.

Ensuite, en tenant un agenda, je m’organise pour ne pas être débordé et surtout, pour ne pas oublier une tâche importante. Ce rituel m’incite à être régulier et à ne pas me laisser dépasser. Vu que je travaille de chez moi, c’est un exercice obligatoire qui me permet de ne pas me laisser aller à faire autre chose que travailler (plus difficile en fin de semaine, je dois l’avouer). Je sais ce que j’ai à faire tous les jours et je m’arrange pour qu’à la fin de journée, toutes les tâches soient réalisées.

J’ai eu le cas d’un ami qui s’est totalement laissé dépasser par son statut de freelance. En étant à la maison, il faisait tout à part travailler (ou un minimum). Un jour, son client s’en est rendu compte et il a fallu qu’il rattrape tout son travail sur une courte période, générant encore plus de stress et diminuant drastiquement les heures de sommeil. Résultat : il est aujourd’hui revenu au salariat.

 

Le temps de travail d’un entrepreneur : tout est question de son activité.

En fait, je me considère plutôt comme un entrepreneur opportuniste. Je n’ai pas d’idée géniale. Je travaille comme avant, mais je le fais à mon compte. Je sais que mon activité fonctionne et qu’il y’a un marché puisque je l’ai testé en tant que salarié.

A ce titre, je me compare à un autre ami, futur entrepreneur, qui se lance à partir d’une idée (géniale, soit dit en passant). Il galère et bosse comme un fou pour des résultats qui tardent à se montrer. C’est ce type d’entrepreneur que je trouve courageux : les personnes qui prennent énormément de risques pour créer leur projet à partir d’une idée qui les passionne. Ce n’est pas mon cas.

Me concernant, j’ai préféré me lancer avec mes clients. Ainsi, en tant qu’auto entrepreneur, j’atteins déjà le plafond lié à ce statut dès la première année. Cela m’évite d’avoir le couteau sous la gorge et de travailler plus qu’il ne faut, pour pas grand-chose. De plus, cela me permet d’accepter des missions rentables (pas de missions mal payées qui m’épuisent mentalement et physiquement).

Grâce à cela, je prends mon temps pour chercher de nouveaux clients. Je choisis mes missions et je travaille sur des sujets que je connais et que j’aime. Mon objectif à terme : ne plus avoir du tout l’impression de travailler.

 

Pour conclure.

Quand j’entends des personnes dire que les entrepreneurs n’ont pas de vie, je rigole intérieurement en me disant qu’ils se trompent. Je passerai sur le fait que monter son propre projet est une expérience si enrichissante que je fais mon possible pour ne jamais avoir à revenir au salariat. La seule chose que je peux vous conseiller pour éviter d’avoir à trop travailler au quotidien et vous épuiser rapidement : testez votre projet avant, en étant salarié. Ne vous lancez pas directement.

Surtout que, dans le secteur du web, nous avons la chance de ne pas avoir à réaliser énormément d’investissement. Donc, laissez le temps à votre entreprise d’évoluer à son rythme. Le but : pouvoir avoir assez d’argent pour vivre sans être obligé de sacrifier votre vie privée et familiale.

En réalité, tout dépend de la somme que vous souhaitez vous verser tous les mois. Tout dépend aussi de la façon dont vous souhaitez faire évoluer votre activité.

Faire appel à des investisseurs = gros stress et grosses charges de travail, mais résultats rapides et importants. Faire évoluer son entreprise sans aide financière extérieure est, selon moi, moins stressant. C’est aussi moins rentable.

À vous de voir en fonction de vos objectifs.

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